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Notre Dame

Vierge très Sainte ô rayonnante
Vous voici en telle splendeur
Que sous vos pas neige une fleur
Si frêle et blanche ô Mère aimante

En ce soleil vous êtes ceinte
Dieu sans partage en votre sein
Votre beauté vient de Sa main
Par Son amour vous êtes sainte

Aimez le Nom dites merveille
Bercez le Dieu taisez la nuit
Chantez sans fin que vienne un fruit
De vos lèvres ô sans pareille !

(Pauvre des pauvres Roi des rois
Vous avez visité la terre
et l’avez enivrée mystère
qui plante en mon cœur une croix)

Et Notre Dame en doux silence
S’endort. Ses étoiles sont douze
L’Esprit Saint la voile en épouse
Nos saluts forment son alliance

 

(écrit le 5e samedi après l’Epiphanie, 2019)

Cendrine Rovini - le jour du feu
Cendrine Rovini – Le jour du feu

 

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Une coupe

Pleine coupe du cœur
L’amer monte au palais
Mon mal est une baie
Que j’aime et qui m’écœure

Pleine coupe de pleurs
Mais Vous seul pour la boire
Seigneur qui pouvez voir
Toutes nos males heures

Pleine coupe de peurs
Je veux être à cent lieues
Et Vous buvez mon Dieu
Ma mort pour qu’elle meure

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Mantegna – La prière au Jardin des Oliviers

Laudes

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Pleine absence de nous pour n’adorer que Lui
Secret à ciel ouvert et qui simplement luit
En intime arc-en-ciel au for de la conscience.

Nos voix brisées supplient, donnez-nous la licence
D’aimer de votre amour quand faillissent les sens
Par la foi qui s’élève ainsi qu’un suave encens.

Les laudes sont chantées qui louangent Seigneur
Votre Nom pour soumettre, avec calme ferveur,
Le jour qui vient tout bas à l’appel du Royaume.

Et voici votre inspir au bel expir du psaume.
Laudes sont par le chant la poussée du soleil
Pour disposer l’amour au vôtre sans pareil.

Dans les laudes la gloire en adorable attente
Qui perce sans douleur et jaillit mais si lente
Depuis le Tabernacle avec force douceur.

Que nos yeux fassent place et que l’iris en fleur
Se déploie pour l’accueil — se remplissent d’eau vive
Nos cœurs tournés vers Vous Lumière décisive.

Les anges combattaient pour qu’on s’agenouillât
Dans la nuit l’âme quiète en clair alléluia ;
Avec nous chantent-ils en cette aube louanges.

Louez, dit le jour, Ses rayons comme franges
Pour vos mains en supplique et louez le Seigneur
Pour la terre en sa robe ondoyée de blancheur.

Se languissent de Vous pupilles délaissées
Et sans trêve supplient : voulons être blessées !
Que blesse votre amour notre nuit de son feu.

Que brûle sans finir un cierge pour ce vœu :
Entrer dans la Cité sans astre ensoleillée
Irradiant par l’Agneau la Beauté déployée.

Cette-photo-prise-19-2018-montre-detail-retable-freres-Van-Eyck-L-agneau-mystique-restauration-revele-nouveaux-details-musee-municipal-Beaux-Arts-Gand_1_1043_769
illustrations : détails de l’Adoration de l’Agneau mystique de Van Eyck

Le chant des misères de notre temps

Pieta de Lubiaza - Musée Narodowe de Varsovie
Pieta de Lubiaza – Musée Narodowe de Varsovie

 

Le désir de déplaire
à la beauté étreint
notre âme et la contraint
à vouloir tout défaire

A l’appel de l’obscur
nos mains prennent les armes
Pour goûter à ses charmes
notre cœur se sent mûr

Si l’ombre nous est claire
le meurtre nous est doux
car l’amour est un joug
mais plaisir nous libère

Nous voulons jouir du monde
et l’immonde nous veut
plus ardent dans son feu
pour que tous on y fonde

Alors voici : buvons
la nuit jusqu’à la lie
que l’âme se délie
s’alourdisse aux passions

Que sombre la cité
sous le poids des blandices
voyez : nos mains brandissent
couleurs de liberté

Et que pleure son âme
à qui naît dans la mort
nous maintenons l’effort :
porter notre oriflamme

L’arc-en-ciel nous fait signe
mais nous ne voyons pas
nous marchons et nos pas
s’éloignent de la Vigne

Vos merveilles Seigneur
nos larmes notre peine
vos grâces sainte Reine
nos refus notre peur

Vous savez que l’on crie
vers vous l’appel issu
de nous au plus insu
de nous et que l’on prie

Entendez-nous prier
en prières muettes
si pauvres et fluettes
mais cherchant à briller

Que vos anges vos saints
vos enfants de baptême
entendent ce poème
leurs chants soient des essaims
un encens leur douceur
et que bien haut s’élèvent
et qu’au Très-Haut célèbrent
les beautés de tout cœur

In caritate radicati et fundati

Cette lance portée au côté du Seigneur
n’est-ce pas mon chemin en orgueil qui parcourt
le monde de ses bords jusqu’au seuil de l’intime 

Or l’infécond trajet en son terme se meurt
et par la plaie qu’il ouvre il reçoit en retour
toute l’eau et le sang d’un torrent qui l’anime

Au Cœur de son amour j’abandonne mon cœur
le laissant je le garde au fort de son amour
Très humble et doux Seigneur ô donnez-moi l’infime

Plaie du côté
Livre d’Heures, Paris, XVe siècle. Ms Douce d.19

Cor Iesu

Cœur de Jésus ô très sacré
Cœur de Jésus bel outragé
Cœur de Jésus outrenavré

les fines pointes de nos lames
blessent l’amour versent la vie
portent douleur au corps de Dieu

Cœur de Jésus ô très sacré
Cœur de Jésus bel outragé
Cœur de Jésus outrenavré

fleurs d’oraison voilées de nuit
nos cœurs perdus dans les épines
souffrent la mort infligent peine

Cœur de Jésus ô très sacré
Cœur de Jésus bel outragé
Cœur de Jésus outrenavré

notre refuge est sa blessure
sa plaie ouverte est notre porte
et son amour fait nos prières

Cor Iesu

Et habitavit in nobis

Sacré Cœur

L’épée au clair, nuit cuirassée, l’armée nombreuse
avance contre nous dans l’épaisseur de l’air
On respire à grand peine et nos yeux s’obscurcissent
Des confins jusqu’ici l’hostile nous entoure
sa lance nous désigne et les arcs sont tendus

Dans la tente dressée de Son souffle vivant
nous trouvons refuge       et le plain-chant du silence
louange Sa Présence       étendu sur l’autel
Son Corps immobile et plus réel que le monde

Voici l’Homme et nos yeux ne peuvent tout entier
le saisir       c’est Dieu et nous voyons ses détails :
pousses de jeune barbe à l’entour de sa bouche
narine d’où paraît en roulant une perle
et la perle est de Sang et abrite lumière
Toute la vie et tout l’amour en cette goutte

La paix est avec nous rien ne peut nous blesser
mais la pensée inquiète évoque ce qui rôde

L’épée au clair, nuit cuirassée, l’armée nombreuse
avance contre nous dans l’épaisseur de l’air
On respire à grand peine et nos yeux s’obscurcissent
Des confins jusqu’ici l’hostile nous entoure
sa lance nous désigne et les arcs se détendent

Et l’amour et le mal nous veut libre veut mort
nous attend nous assaille et le cœur nous défaille
nous ne savons croire en l’amour plus qu’en la peur

A mon faible croire ô Seigneur donnez la Croix